Pour les nouveaux pratiquants (même pour les anciens) voici une rubrique qui traitre de la base même du karaté shotokan.
sources :http://shotokancrsa.com/katas.htm
Les récompenses prématurées rendent l'esprit
paresseux. Proverbe chinois
LES
GRADES AU SHOTOKAN
La tenue pour
l'entraînement ou pour le combat est le keikogi ou
karatégi, constitué d'une veste et d'un pantalon de coton
blanc. L'uniformisation s'est faite dans les années trente,
et est devenue dans les années cinquante un phénomène
commercial. Plus l'art est simple, plus la tenue l'est
aussi. L'art du sabre étant considéré comme un art noble,
la tenue est plus compliquée et encore davantage lorsqu'il
s'agit du kyudo, le tir à l'arc.Les karatékas
portent une ceinture dont la couleur change avec le grade.
La ceinture noire s'obtient après neuf kyus. Après
avoir obtenu sa ceinture noire, le karatéka pourra ensuite
poursuivre son évolution en passant des Dans. Mais les
étapes entre les Dans sont beaucoup plus longues que celles
qui séparent les ceintures de couleurs. Rares sont ceux et
celles qui atteignent le niveau de 10 ième
Dan; ce sont habituellement les précurseurs d'un style, ou
les disciples des Maîtres.
Les kyus se comptent à rebours. Ainsi le 9ième kyu est la
ceinture blanche, le 8ième la ceinture jaune et ainsi de
suite. Le 1er kyu est le stade précédant la ceinture noire,
1er Dan ou Shodan. Les couleurs des ceintures peuvent
varier d'un dojo à l'autre, mais l'ordre habituel de
blanche à noire est : blanche, jaune, orange, verte, bleue
1 et 2, marron 1,2 et 3. Par la suite, les niveaux
suivants se nomment des dans.
Dans l' histoire
des arts martiaux modernes, au Japon, l'utilisation du
terme dan
a
commencé avec le judo. Les autres disciplines ont suivi
graduellement ce modèle pour désigner les grades obtenus au
cours de la progression des pratiquants. Auparavant, au
19 ième
siècle ce terme
avait déjà été utilisé d'une façon peu systématique en
ken-jutsu (art du sabre).
Le
terme dan
n'est pas
seulement réservé au domaine des arts martiaux.
L'utilisation de ce terme pour désigner des grades est plus
ancienne dans différentes activités culturelles japonaises.
Dans le jeu de go, par exemple, le terme dan est utilisé
depuis le 18 ième
siècle. De nos
jours au Japon, le système des grades avec le terme dan est
appliqué aussi à la voie de calligraphie, au jeu d'échec et
aussi à l'art des bouliers, qui est la base classique des
mathématiques. Les arts martiaux ne sont qu'un des domaines
où ce terme est utilisé pour désigner les
grades.
Originellement
le système de grades s'inscrivait dans l'approfondissement
d'un art qui se confondait avec la vie d'une personne. Il
constituait en quelque sorte un repère dans l'itinéraire de
la vie. Lorsque la notion moderne du budo est apparue, il y
a environ un siècle, avec la fondation du judo, c'est dans
cet esprit que le système des « dan
» a été adopté. Il
n'y a donc pas de lien entre la notion de dan et la
compétition ; en combat, la classification de champion
importe, en Budo ce qui importe est la formation d'une
personne tout au long de sa progression dont le chemin sur
la voie est échelonné par les « dan
».
Suite l'expansion mondiale de la pratique des arts
martiaux, son usage est maintenant devenu
international.
PROGRESSION
5 ans de pratique, ou plus : Permettent
d'obtenir la ceinture noire de Karaté Do. Mais ce niveau ne
fixe que la mémorisation des techniques de base. Bien
souvent au Japon, trois ans sont suffisants pour obtenir ce
grade, mais l'entraînement journalier est de 2 à 3 heures.
La ceinture noire 1er Dan est considéré égale à l'obtention
du baccalauréat universitaire qui ouvre la porte aux études
supérieures.
10 ans d'études du karaté : Elles vous
permettront d'avoir de bonnes bases techniques générales.
C'est seulement après ce niveau que l'on devrait commencer
à enseigner quotidiennement, car il est très important que
le professeur montre correctement les techniques de bases
assimilées au cours de ces dix années. Il est indiscutable
que l'on ne peut montrer correctement et d'une façon
rigoureuse si l'on n'a pas le niveau
requis.
15
ans d'entraînement : Outre un corps
parfaitement formé et une bonne condition physique, ces 15
années permettront une application automatique de la
technique, non pas de façon mécanique mais en permettant de
développer l'esprit. Le réflexe blocage/contre-attaque doit
être instinctif.
20
ans de pratique : La compréhension
reste le trait dominant. Le travail mental arrive au même
temps que la réalisation du physique. Ainsi doté de ce
mental, le karatéka à ce niveau reste toujours en éveil,
comme l'animal endormi que le moindre danger alerte. A
partir de là, la vie est consacrée au Karaté Do, on ne peut
plus changer de voie ou de destin.
30
ans de karaté Do : Après cette
évolution, l'action est la suivante : dans l'instant de la
décision le corps arrive en exprimant la pensée (harmonie
mental - physique). Est-il nécessaire de préciser ce que
ces 30 années impliquent ? Entraînement régulier, kata,
kihon, kumite. La comptabilité des années est étrangère à
ce qui précède.
Vers
40 années : C'est le niveau
vers le sixième sens, une forme de télépathie sensitive de
quatrième dimension pour le karatéka ayant atteint ce temps
de pratique. On ne peut considérer que seule la réflexion
permettra de progresser. La pratique et la réflexion sont
toujours indissociables. L'enseignement à retenir de cette
progression est que, au début du karaté Do, l'aspect auto
défense domine. La notion d'adversité est primitive. Cette
progression démontre qu'il ne faut pas combattre, mais
aider l'autre et découvrir la voie. Il y a une
transformation de la personnalité par la compréhension du
partenaire, de l'adversaire.
LE
KATA
Les
katas sont au cœur même de l'histoire du karaté. Ils sont
l'héritage que nous lègue les grands maîtres. Chaque kata a
un nom. Des noms comme Bassai, Empi, Jion,ou Sochin leurs
ont été donnés à travers les siècles. Les noms des katas
font souvent écho à leur origine chinoise, soit par leur
poésie naturaliste, le nom du maître qui les a transmis ou,
lorsque modifiés dernièrement, à des références plus
japonaises. Certains des noms japonais ont été crées
récemment, mais la plupart sont originaires d’Okinawa et
leur signification nous échappe parfois. Nous pouvons
seulement lire les caractères kanji avec lesquels ils sont
composés et deviner ce à quoi pensait celui qui les a
créés. Dans certains cas l’origine du nom est évidente.
Dans d’autres on peut juste essayer de deviner. En fait,
dans la plupart des cas les caractères kanji avec lesquels
sont composés les noms ne sont pas connus avec certitude et
différents instructeurs asiatiques pourraient écrire les
noms des katas avec des caractères
différents.
Pour différentes raisons, les
créateurs de kata n’ont pas écrit beaucoup de choses sur
leur passion pour les arts martiaux et sur les concepts
qu’ils voulaient faire passer en les créant. Un certain
nombre de kata se sont perdus au cours de l'histoire,
lorsqu'un maître ne trouvait pas de successeur convenable,
il préférait parfois voir son kata disparaître avec
lui-même. Il restait alors seulement le nom de kata dont le
contenu demeurait inconnu. Parfois aussi la transmission ne
se terminait pas complètement, lorsque le maître
mourrait, ou le disciple abandonnait tout simplement
sa pratique. Pratiquement aucun écrit n'a pu être retrouvé,
car la transmission de la connaissance du savoir de Maître
à élèves se faisait de manière orale, de plus à l'époque
peu d'entre savaient lire ou écrire. Habituellement, un
Maître avait un élève interne (Uchi-Deshi) et un élève
externe (Soto-Deschi). Le successeur officiel était le
Soto-Deschi, et pourtant celui-ci n'est pas le détenteur de
toutes les clés du savoir contenu dans les katas du Maître.
Ces secrets étaient détenus par le Uchi-Deshi, d'où une
perte de certain enseignements.
L’idée même que vous êtes en
train de réaliser une technique qui a été transmise de
maître à élève depuis 50 ans et dans certains cas depuis
400 ans, est fascinante et peut apporter de l’humilité. Ces
exercices apportent bien plus que de la sueur et de la
fatigue au karatéka, ils apportent une impression de
perpétuité.
Un kata de karaté se présente
comme une suite de mouvements toujours exécutés de la même
façon et dans les même direction, il sont destinés à
transmettre les principes originels des différents budos.
Les katas sont des exercices codifiés, où on trouvera
de 20 à 60 mouvements ou techniques. Selon le degré
de difficulté du kata, le karatéka effectue des
techniques qui simulent un combat établi selon un
cheminement précis contre plusieurs adversaires. Bien sûr,
ils sont imaginaires, mais chaque mouvement, chaque
technique doit être exécutée avec l'état d'esprit d'un
combat réel. Les katas formaient jusqu'à la dernière
guerre, avec les assauts conventionnels, la seule forme
d'enseignement du karaté, ils contiennent toutes les
techniques transmises par les maîtres et en y consacrant du
temps, le karatéka peut y découvrir une importante source
de progression. Ainsi, certaines techniques du karaté ont
été développées dans un contexte bien particulier, par
exemple les tobi-geri (coup de pied sautés) étaient
utilisés pour désarçonner un Samouraï.
Efficacité et pureté technique
"Karate ni sente
nashi"
a-t-on pris le soin de graver sur le tombeau de Gichin
Funakoshi. Un monument dédié à sa mémoire est placée
actuellement dans le Monastère Zen d'Engaku-ji en
Kamakura :
le karatéka ne fait pas la première attaque. En karaté, il
n'y a pas d'avantage à la première attaque était en effet
la phrase que le fondateur du karaté moderne avait choisie
pour définir le karatéka. Le fait que tous les katas
commencent par un blocage a la même signification. Le
kihon, l'exercice de base, insiste également sur les
blocages qui doivent garder une place primordiale dans
chaque entraînement disait Masatoshi Nakayama. Il est
intéressant de constater qu'un kata commence toujours par
une technique défensive, ceci afin de rappeler à tous que
le karaté ne doit servir qu'à se défendre. Il compte
toujours un ou deux temps forts où l'on pousse un cri
abdominal bref, le kiaï, qui aide à concentrer toute notre
énergie : c'est le moment où on "porte un coup décisif"
contre un adversaire plus coriace que les autres. Un des
buts du kata est de faire se rejoindre efficacité et pureté
technique, aussi le respect scrupuleux de la forme du
kata est-il un critère indissociable de sa
réussite.
Bien que le kata
soit un exercice formel, il ne reçoit sa signification
qu'associé à son interprétation, le bunkaï.
Tant
de kata, si peu de temps
Le développement du karaté et
le foisonnement des styles ont provoqué une prolifération
des katas où le débutant peut se perdre facilement. Une
trentaine cependant sont originaux seulement, les autres
seraient des formes dérivées ou des créations nouvelles à
partir d'anciens katas. Vous n'avez qu'à assister à une
compétition de kata pour constater que le Bassai de
Shito-Ryu ressemble au Bassai dai de Shotokan par exemple.
C'est, entre autres, le cas des Heian (ou anciennement
Pinan : paix et tranquillité) et de Ten no kata, créés par
maître Gichin Funakoshi à partir de Kanku et Bassai; ou des
Taikyoku, versions simplifiées des Heian créées par son
fils Yoshitaka.
Tous
les katas anciens sont influencés par deux grands courants
d'origine de l'Okinawa-te, soit le Shuri-te (Shorin-Ryu) où
les mouvements sont longs, rapides et légers, ou le Naha-te
(Shorei-Ryu) aux mouvements lents, contractés développant
la musculature et la maîtrise de la respiration. Le
Tomari-te restera une tendance mineure très proche du
Shuri-te.
Dans le Shuri-te, on
retrouve les Heian, Bassai, Kanku, Empi, Gankaku,
Gojushiho, Meikyo, Chinte. Jiin, Wankan.
Dans le style Naha-te, on
retrouve Hangetsu, Saipa, Sanchin, Sanseru, Kurunfua,
Superrinpai, Shiso-shin, Sochin, Jutte, Jion, Tekki. Les
noms des katas font souvent écho à leur origine chinoise,
soit par leur poésie naturaliste, le nom du maître qui les
a transmis ou, lorsque modifiés dernièrement, à des
références plus japonaises. Funakoshi a renommé les kata
avec des noms Japonais pour ne pas froisser ses hôtes
lors
Funakoshi écrit dans son
ouvrage, Karaté-do
Kyohan : « ... Néanmoins, si les kata
doivent être classés, on peut de manière très générale
distinguer deux grands groupes : ceux appartenant à
Shorei-Ryu et ceux appartenant à Shorin-Ryu . La première
met l'accent sur le développement de la force physique et
de la puissance musculaire ; elle est frappante de par
l'impression de force qu'elle dégage. Par contre, l'école
Shorin est très légère et très rapide, avec des mouvements
très prompts vers l'avant et vers l'arrière, qui ne sont
pas sans rappeler le vol vif du faucon. Les kata de Tekki
ainsi que Jitte, Hangetsu et Jion, entre autres,
appartiennent à l'école Shorei, alors que les kata de
Heian, Bassai, Kanku Empi, Gankaku et d'autres sont
apparentés à l'école Shorin... Les deux styles développent
l'esprit et le corps et l'un n'est pas meilleur que
l'autre. Ils ont tous deux leurs points faibles et leurs
points forts et ceux qui veulent étudier le karaté doivent
reconnaître ces points et les étudier en
conséquence. Source;
Karaté-do
Kyohan par Gichin
Funakoshi, trad. Tsutomi Ohshima - Ed. France Shotokan,
Paris, 1979
Le long chemin de l'apprentissage du
karaté
Lors d'une pratique en groupe,
les débutants apprennent les nouveaux katas en suivant les
gradés. et les gradés améliorent leur exécution des katas.
Soit le kata est réalisé tous ensemble de manière à ce que
les pratiquants puissent s'investir et apprendre les uns
des autres, soit il se fait par ordre de grades de manière
à ce que tout le monde puisse approfondir ceux de son
niveau.
Le kata représente un combat
réel contre un adversaire, qui éventuellement peut être
imaginaire. Étant codifié de manière rigoureuse, il
s'effectue sans surprise et permet notamment de travailler
en toute sécurité des techniques qui seraient dangereuses
en entraînement de combat, ou alors de travailler dans des
conditions plus proches de la réalité du combat. Selon la
tradition japonaise, l'apprentissage des arts martiaux
s'effectue en trois étapes majeures : Shu, Ha et
Li.
Shu: L'étape
où l'élève apprend à exécuter correctement les techniques
en imitant le professeur. C'est la découverte des éléments
qui interviennent dans l'exécution d'une technique
classique. C'est la correction continuelle de soi pour
faire correspondre le plus possible notre technique à celle
du professeur. On prend conscience de la respiration, du
hikite, de la rotation, de la position et de tous ces
éléments qui, juxtaposés, développeront une technique
efficace de karaté. Cette étape part de la ceinture blanche
et se rend facilement au premier dan (ceinture noire) et
même au-delà. Car, en karaté, la ceinture noire n'est que
le début de la connaissance de l'art.
Ha:
Le karatéka
parvient à cette étape aux environs de la ceinture noire,
après des années de pratique assidue. C'est un
approfondissement de la méthode, une identification avec
les gestes qui lui ont été enseignés. Le mouvement est
"maîtrisé" et sort spontanément. Le réflexe est forgé,
profond, naturel. Le karaté fait maintenant partie
intégrante de l'élève. Les éléments divers tels que la
respiration, le kime, le hikite s'harmonisent pour donner
une technique réussie. Sa forme ne comporte plus d'erreurs
majeures, ce qui la rend garante d'une efficacité réelle.
Le travail de l'esprit commence aussi à porter fruit : le
karaté monte d'un cran et se rapproche parfois de
l'art.
Li:
Selon les japonais,
c'est l'art proprement dit. C'est la maîtrise du karaté, la
renaissance, l'éveil de l'individu au-delà de la technique.
Le maître a tout assimilé et s'est "trouvé", comme
l'artiste. Le karaté s'est personnalisé, le maître a
retaillé le karaté à sa dimension propre, en harmonie avec
son être profond, son unicité. Des états mentaux de qualité
supérieure (quiétude, sérénité) imprègnent souvent l'esprit
et l'agir des individus qui atteignent ce niveau. Le long
cheminement dans l'effort a mené à une qualité d'être et de
conscience qui, à son tour, transparaît dans l'art du
maître. C'est l'atteinte de l'équilibre entre l'esprit et
le corps, aussi peut-on parfois lire qu'il est question
d'illumination, de satori chez certains individus dans la
tradition orientale.
SIGNIFICATION DES NOMS DES KATAS
